N°1: Tout savoir sur le job étudiant et le job d’été, informations et aide à la recherche d’emploi

Nous sommes actuellement le 25 Mars 2018 et nous venons de passer à l’heure d’été. Mais c’est également l’heure pour beaucoup d’étudiants et de jeunes de chercher un job d’été et/ou un job étudiant. Après plusieurs expériences plus ou moins bonnes je me suis dit qu’écrire un article pour aiguiller les chercheurs d’emploi ne serait pas de trop.

Au fur et à mesure de la construction de mon écrit, je me suis dit qu’il serait plus judicieux pour mes lecteurs d’avoir un contenu découpé en plusieurs petits articles pour finalement former un dossier. Chaque jour sortira un élément de ce dossier « job ». Dans une première partie je décrirai mon expérience, et j’y ajouterai d’autres témoignages trouvés sur internet. Puis, dans un second temps, j’écrirai sur « s’informer et se protéger ». Même si cette partie n’est pas vraiment fun elle en reste très importante pour limiter les risques d’abus de la part des employeurs (car vous verrez qu’il y en a beaucoup trop lorsqu’il s’agit d’embaucher des jeunes sans expérience). Ensuite nous verrons « comment trouver et quel est mon job idéal ». Et enfin, je récapitulerai toutes les sources que j’ai utilisé pour écrire ce dossier.

Vous voyez! Un travail de recherche sérieux sur un sujet important!

Partie 1: Des expériences et des leçons

Ma recherche d’emploi

J’ai commencé à travailler pour la première fois il y a presque un an. J’allais passer mon bac et je voulais rentabiliser mes vacances d’été et travailler pour bien démarrer ma première année à la fac. J’ai donc commencé à faire des cv et à les distribuer dans les centres commerciaux. J’ai également cherché du boulot dans les stations balnéaires, là où il y a une importante activité économique l’été. J’ai commencé à chercher début mars et j’ai trouvé un petit job saisonnier en Mai . J’ai donc fait environ 3 mois de recherche intense, dès que j’avais du temps libre, après mes révisions. Durant ces trois mois j’ai également cherché sur des sites internet et je me suis rendue au salon TAFF où j’ai passé un entretien avec Lidl et avec une agence de garde d’enfants qui ne m’ont jamais rappelée. Il faut bien avouer que c’était la première fois que je passais un entretien d’embauche et j’étais vraiment nul. Mais c’était déjà une première expérience!

Mon premier Job

Un mercredi, ma mère me conduit au Grau-du Roi pour y déposer des cv. Les premiers commerçants très accueillants me conseillent de postuler aux glaciers. Alors je me présente au premier que je croise. Je m’adresse d’abord à une serveuse qui me redirige vers un homme d’une trentaine d’années. Il prend mon cv et va chercher le patron. Jusque-là j’étais très détendue et j’étais plutôt en confiance. Mais dès l’instant où j’ai aperçu le patron j’ai paniqué! Allez savoir pourquoi! Tout mon corps s’est mit à trembler. Il m’a brièvement demandé si j’avais une voiture et si je serais majeure d’ici le début de l’été. Puis c’est le drame, il me demande un calcul tout bête:

-tu sais compter?

-oui bien sûr

-6*7?

-…

Impossible de calculer quoi que ce soit, j’étais totalement pétrifiée et je n’ai pas su répondre devant toute l’équipe du glacier. J’ai failli pleurer.

-Si je vends 3 glaces à 4 euros et que le client me donne un billet de 20, je dois lui rendre combien?

Instinctivement je réponds: 8 euros, enfin je crois.. oui c’est ça!

-Reviens jeudi pour le jour d’essai.

Et c’est comme ça que j’ai été embauchée. Avec le recul je me dis que cette panique soudaine était en fait un mauvais pressentiment.

J’ai été ensuite formée par mon patron qui m’impressionnait tant! Je me rappelle que la première chose qu’il m’ait dite le jour de ma formation était qu’il préférait embaucher des filles. « C’est plus vendeur » disait-il. J’ai également fait la rencontre des filles du glacier, au début toutes très sympas. Elles ont organisé une petite soirée sur la plage pour que l’on fasse connaissance. Il y avait également le fils du patron et leur -presque- associé qui étaient plus jeunes mais tout aussi impressionnants pour moi, la nouvelle. Au début j’étais plutôt contente de mes conditions de travail, mais plus le temps passe et plus les relations avec les patrons et une partie des filles se dégradent.

Le patron est souvent de mauvaise humeur, il passe ses nerfs sur nous et parfois sur les clients! Au début je me suis dit que c’était parce qu’il était bientôt à l’âge de la retraite et qu’il devait en avoir marre de faire la même chose depuis des années. Je n’y prête pas trop attention. Mais les relations avec une partie des filles aussi se dégradent. Deux groupes se forment: celles qui s’occupent de faire les boules et nous qui faisons les glaces à l’italienne. Une « ancienne » se permet de me donner des ordres et de m’ engueuler. Un jour, elle s’énerve car les machines ne sont pas nettoyées (en effet, grosse journée je n’avais pas encore eu le temps de le faire). Un client qui a assisté à la scène se penche vers moi et me dit « elle est sévère la patronne! ». Et là j’ai réagi, je lui ai simplement dit, calmement et devant les clients, que si elle continuait à me parler de cette manière ça allait mal se terminer, qu’elle n’était certainement pas la patronne et qu’elle me devait le respect. Autre anecdote, je suis arrivée avec cinq minutes de retard deux fois d’affilée, le deuxième jour le patron me remonte un peu les bretelles et c’était tout à fait justifié. Le troisième jour j’arrive avec quinze minutes d’avance, je mets mon tablier, je m’attache les cheveux et me lave les mains, je voulais rattraper mes dix minutes de retard au lieu de poireauter au comptoir. Alors je réponds à mes derniers messages avant de ranger mon téléphone dans mon sac. Mais le fils du patron me voit avec et il me dit que si je veux l’utiliser c’est dehors même si je suis en avance. Ce jour là, c’était le fils qui était de mauvaise humeur. Quelques jours après, une collègue des italiennes vient me voir scandalisée. Une des filles des boules vient d’arriver avec 30 minutes de retard, elle prend le temps de se remaquiller et ça fait rire les patrons!! Et oui! c’est comme ça au glacier, si tu as une grande gueule et que tu as du culot les patrons ne te disent rien. C’est bien moins risqué de passer ses nerfs sur des filles qui n’osent même pas demander un samedi dans le mois. C’est bien cette même fille qui se permet d’offrir le supplément chantilly aux clients car elle considère que c’est du vol. C’est elle aussi qui crie à travers le glacier « tu me fais chier » au fils du patron.

L’été passe, je commence en pleine après-midi au plus chaud de la journée et je termine tard le soir, je suis épuisée. Mais c’est bientôt la rentrée et il faut se préparer et trouver un boulot pour l’hiver. Entre temps, le patron me propose de continuer en septembre. Malgré les conditions épouvantables de travail j’accepte oralement. Puis je trouve un boulot à Lidl (cette fois-ci j’ai été prise), 7H par semaine, parfait! Et je commence en septembre. J’explique alors la situation au patron et je me désengage. Il accepte sans broncher. Mais c’était le calme avant la tempête. Comme on arrivait à la fin de la saison, il y avait trop de filles encore en poste. Pour le glacier, le plus judicieux était de garder les vendeuses des boules car elles étaient également formées aux italiennes. Alors moi j’étais de trop. Il a donc décidé de me faire vivre l’enfer pour que je démissionne. J’ai craqué le premier soir, je ne pouvais plus supporter les insultes et les humiliations. Cette fameuse soirée s’est terminée très tôt pour moi, j’ai tout simplement posé mon tablier et je suis partie. Plus tard, une serveuse avec qui je m’entendais très bien est venue me voir. Elle était de mon côté et détestait plus que n’importe qui ce glacier. Ce soir là elle m’a raconté qu’après mon départ, le fils du patron et toutes les filles des boules c’étaient ouvertement moqués de moi. J’étais « une fille pas très fute-fute » d’après eux. Alors pour moi c’était terminé il fallait que je démissionne.  Par la suite mon cher patron m’a bien expliqué que je pouvais toujours courir pour avoir son soutien auprès de mes prochains employeurs (heureusement que j’avais déjà le poste à Lidl). Il a aussi trainé des pieds pour me donner ma dernière paye (de 1060 euros tout de même). Inutile de vous dire que j’ai plus stressé à la fin de mon été que lorsque j’ai passé mes épreuves de bac.

Apres cette première expérience j’étais à bout autant physiquement que moralement, j’avais une perte totale de confiance en moi. J’ai coupé les ponts avec toutes les filles du glacier, même celles avec qui j’avais partagé de bons moments car j’avais besoin de passer totalement à autre chose. Et je pense que ce boulot y est pour beaucoup quant à ma perte de motivation à l’école et à l’échec de cette année scolaire.

Mon deuxième job

Lorsque je suis arrivée à Lidl j’ai découvert un autre monde du travail. Je sais que cette chaine n’a pas la bonne réputation quant aux conditions de travail des CELS, mais je vous annonce que j’ai été très satisfaite de mon expérience chez eux.

Lidl ne propose que des CDI, et ils adaptent le temps de travail pour les étudiants non pas à 15 heures par semaine, mais à 7h.

J’ai d’abord fait une journée d’insertion avec de nouveaux CELS de la région où ils nous ont expliqué le fonctionnement de la boite. Ensuite, j’ai effectué une période d’essai de deux mois. Le travail était difficile car il faut bien connaître les rayons, bien connaître les codes des fruits et légumes et faire face aux clients mécontents tout ça à un rythme très intense. Cependant, à chaque fois que je doutais de mes capacités les chefs étaient là pour m’encourager, sans que j’ai à dire quoi que ce soit ils avaient toujours un petit mot pour te féliciter et il y avait de très bonnes relations entre collègues. Cependant, le niveau me semblait trop élevé et j’étais épuisée, je n’arrivais pas à suivre les cours en même temps que le travail. J’ai donc là aussi décidé de démissionner avant la fin de ma période d’essai. Mon supérieur à très bien compris ma situation, il m’a affirmé que j’étais un bon élément et que je pouvais marquer cette expérience dans mon cv.

Lorsque je faisais le calcul, mes deux expériences professionnelles s’étaient soldées par deux démissions. Je me pensais donc incapable de trouver un job que je pouvais conserver. J’avais vraiment l’impression d’être une incapable. J’ai alors pris la décision d’arrêter de travailler et de composer avec ma bourse qui était déjà bien conséquente. Apres tout, ce n’était pas une nécessité vitale pour moi de travailler puisque je réside encore chez mes parents.

Mon job actuel

Ainsi, jusque là je n’avais pas de raison de me risquer à un nouvel échec! Mais les responsabilités nous rattrapent. « J’aimerais bien avoir mon appartement l’année prochaine.. » mais je le budget manquait.

Un jeudi dans les rues de la fac, une femme nous arrête et nous demande, à moi et mon amie, si nous étions intéressées par la garde d’enfants. Comme j’étais en réorientation en licence sciences de l’éducation et que j’avais besoin de preuves comme quoi je m’intéressais aux enfants et à leur apprentissage, j’ai pris son prospectus. En effet, la licence où j’aimerais m’inscrire l’année prochaine porte sur la psychologie de l’enfant, la sociologie et les rouages de l’éducation. Et pour avoir le plus de chance de l’intégrer, être intervenante dans cette entreprise pouvait m’apporter des points. Même si je ne cherchais pas de travail, j’ai tout de même déposé mon cv sur leur site internet de recrutement. J’avais bien compris que si cette entreprise distribuait des prospectus c’était pour la simple et bonne raison qu’elle manquais de personnel.

J’ai donc été rappelée très vite et j’ai eu un entretien d’embauche sur l’agence la plus proche de chez moi. Du fait que je n’avais pas passé d’entretien depuis longtemps et du fait que je n’avais aucun diplôme de la petite enfance, j’avais l’impression d’être complètement larguée. Je suis sortie de l’agence en pensant que je n’allais pas avoir le job. À ma grande surprise j’ai été rappelée deux heures après et on m’a proposé un contrat avec une première famille. J’ai eu un sentiment de confiance après cet appel, je me sentais enfin capable de travailler! Par la suite j’ai rencontré la famille avec qui je travaille encore actuellement. Les enfants, un peu timides au début, m’ont tout de même très vite adoptée. Une semaine après, j’ai signé mon contrat de travail avec l’agence. Les conditions étaient largement acceptables pour n’importe quel employé. Et les avantages de ce travail sont à mes yeux nombreux: je n’ai pas l’impression de vraiment travailler. J’ai, certes, de grandes responsabilités comme la sécurité de l’enfant, mais mes journées de travail consistent la plupart du temps à jouer avec eux en attendant le retour des parents. Le deuxième avantage, et pas des moindres, une large autonomie vis à vis de mes responsables puisque je ne les vois que très rarement. De plus, le nombre d’heures varie en fonction de nos disponibilités. En choisissant de ne travailler qu’avec une famille, je peux suivre mes études sans me fatiguer et avoir un peu de temps libre pour mes loisirs.

Aujourd’hui je m’épanouis avec ce travail qui est pour moi, très agréable et en rapport avec mes projets professionnels. J’apprends des choses chaque semaine et j’ai vraiment cette impression de progrès dans mon travail et cela me donne confiance en moi et en mes capacités à réussir.

Partie 2: D’autres témoignages

Et comme je ne suis malheureusement pas là seule à avoir vécu des expériences traumatisantes et dévalorisantes, je vous propose d’autres témoignages.

« Il se permet de nous insulter dès qu’il est de mauvaise humeur »

« Le chef me dit que je serai viré le lendemain si je continue à être trop lent, devant les autres salariés. »

« Mettre en péril ta santé et tes études pour ne pas perdre ton job »

Conclusion

Les premières expériences professionnelles peuvent être le déclencheur d’une réelle autonomie et peuvent nous faire un bien fou. Mais lorsque cette expérience devient toxique et nuisible elle peut nous faire perdre toute confiance en soi-même.

Lorsque notre patron passe son temps à nous insulter et à nous faire des remontrances, on peut penser que c’est comme ça partout, surtout lorsque c’est le premier job. Et ça les employeurs le savent et en profitent!

Mais ce que l’on oublie trop souvent, c’est que cette mauvaise expérience, même une fois terminée, peut avoir de graves conséquences sur notre vie (comme l’échec scolaire). Alors quand tout s’accumule, le plus dur est de se remettre en selle et de trouver un nouveau job, recommencer une nouvelle vie.

Et c’est là où il est important de bien s’informer pour mieux se protéger sur les erreurs à ne pas faire, à ne pas reproduire. Le but est de réussir à se protéger des entreprises qui veulent profiter du manque d’expérience des jeunes et des étudiants et de trouver le job qui nous correspond et où l’on pourra s’épanouir.

Le prochain article sort donc demain et vise à réunir toutes les informations et les sources d’information nécessaires pour comprendre nos droits en tant que jeunes travailleurs. Egalement, nous verrons les dispositifs disponibles pour se protéger des risques liés aux premiers jobs. Je vous encourage vivement à partager cet article et à vous exprimer sur le sujet si vous en avez envie. Racontez vos expériences et faites-nous part de vos inquiétudes.

Merci de m’avoir lue

Justine.

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